Intervention de Christophe Malavoy


En tant que parrain de S.O.S Amitié, je veux dire toute ma reconnaissance aux bénévoles écoutants qui réalisent un travail exemplaire dans la lutte contre l’isolement des personnes au sein de notre société. Un travail peu souvent valorisé par les médias, mais qui n’en demeure pas moins essentiel, devant la progression inquiétante de la souffrance et du mal-être, qui touchent, hélas, une partie de plus en plus grande de la population.
Les écoutants sont en première ligne de ce mal-être et en prise directe avec ce qui ne se voit pas, ce qui ne se montre pas, et ce qui, d’une manière générale, ne se dit pas. Ils sont les témoins de cette clameur anonyme qui s’élève de jour comme de nuit, chaque jour qui passe, et qui révèle combien ceux qui souffrent de solitude sont bien plus nombreux que l’on croit, bien plus nombreux que les statistiques nous le disent.
La douleur se cache et se dissimule. C’est une question de dignité.
Comme le dit Tchékhov, « nous ne voyons pas, nous n’entendons pas ceux qui souffrent, et tout ce qu’il y a d’effrayant dans la vie, se déroule quelque part dans la coulisse. »
Par leur écoute, les écoutants apportent le réconfort, la chaleur, l’espoir que l’échange et le partage procurent. Ils apportent aussi la dignité auquel chaque être humain a droit. Ils autorisent les personnes à souffrir sans en avoir honte. En les écoutant, ils les libérent de leur propre regard sur eux-mêmes. Ils les aident à ne pas se juger.
Ils sont donc tous des hommes et des femmes dont la société devrait se glorifier. Et cependant, qui parle d’eux ?
Leur travail se fait dans l’ombre et le secret. Personne ne vient les féliciter, les applaudir, les congratuler à la fin de chacune de leurs écoutes, et pourtant, leur mérite est grand de donner de leur temps et leur énergie pour faire ce que notre société n’enseigne plus guère : Écouter.

Qu’ils soient donc vivement et chaleureusement remerciés pour cet engagement qui est le leur au sein de S.O.S Amitié dont la notoriété repose sur la valeur de chacune de leurs écoutes.
C’est une belle leçon de vie et d’humanité qu’ils donnent à la communauté.
Je leur adresse toute ma reconnaissance et mon admiration.
Je tenterai en tant que parrain, d’être leur digne représentant.

Vous le savez, deux millions d’appels ne trouvent personne au bout du fil par manque d’écoutants. Ils sont 1500, il en faudrait 6000.
Il faut donc davantage de moyens et de soutien à SOS Amitié. Dans cette perspective, j’ai pris l’initiative de faire appel à la solidarité et à la générosité des gens de théâtre, de la scène et de l’écran. L’écoute est le principe même de la création artistique. Dans ce sens, j’espère que cette démarche entreprise cette année auprès des artistes de Paris et d’Ile de France sera profitable pour l’Association et pourra se décliner l’année prochaine auprès des régions. Et pourquoi pas imaginer un rendez-vous annuel où le théâtre se mobilise pour lutter avec SOS Amitié contre l’exclusion, l’isolement et la solitude des plus démunis.
Je souhaite donc pour cette 3ème Journée Nationale de l’Ecoute, de bons débats et une large et belle audience.


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